Journée internationale de la mémoire des victimes de la Shoah

A l’occasion de la « Journée internationale de la mémoire des victimes de la Shoah » du 27 janvier, la section culturelle de l’Ambassade d’Autriche à Paris dédiait cette année l’évènement aux Roms, victimes du Porajmos. Le mot Porajmos que je n’avais jamais entendu jusqu’à ce jour (dévorer en romani) désigne le génocide des tsiganes.

La soirée, organisée dans le cadre chaleureux d’une ambassade qui me devient presque familière, mettait en valeur l’histoire et les œuvres de la famille Stojka, une famille de marchands de chevaux originaire d’Europe Centrale qui dut se sédentariser en Autriche lors de l’Anschluss en 1938 et dont la presque totalité fut exterminée par les nazis.
Les survivants, déportés alors qu’ils étaient enfants, ont témoigné par l’écriture ou la peinture de l’inconcevable expérience concentrationnaire.
Johann Mongo Stojka écrivit des poèmes au camp de Buchenwald, poèmes qu’il céda à un codétenu contre un morceau de pain et qui furent retrouvés des décennies plus tard dans la succession d’un résistant et codétenu belge.
Johan libéré avec son frère Karl relatera ses souvenirs dans une autobiographie « Papierene Kinder », « Les enfants de papiers ». Il s’exprimera également en musique avec son fils Harri qui deviendra un célèbre musicien guitariste de jazz et qui, lors de la soirée, accompagné de Claudius Jelinek, nous a fait voyager avec des airs mêlant jazz manouche et une petite mélodie yiddish (Bei mir bis du shein).
Ceija Stojka, la sœur de Johann déportée avec sa mère, survécut à trois camps de concentration (Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen). Elle témoignera de ce « vécu » en peinture et poésie quarante ans plus tard seulement, à l’âge de 55 ans et jusqu’à sa mort en 2013 à Vienne.
J’avais eu l’occasion d’admirer son travail lors d’une exposition qui lui a été consacrée à « la maison rouge » en 2018 juste avant la fermeture définitive de ce lieu artistique remarquable. Ses peintures, alternant scènes de captivité d'une sombre période et paysages colorés d’une vie libre en roulotte dans la campagne autrichienne, m’avaient impressionnée.

         

Quelques-uns des poèmes extraits de son recueil « Auschwitz ist mein Mantel » ont été lus à deux voix en allemand et en français ..…
Ce fut une soirée marquée par le tragique de l’histoire mais aussi empreinte d'émotion, de douceur et d’échanges amicaux autour d’un verre… une parenthèse bercée par l’espoir que distille la création artistique et l'indispensable transmission de la mémoire. 

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