Voyage musical
Un ami « apaïste » (de l'Association pour l'Autobiographie et le Patrimoine Autobiographique) a proposé d’établir une liste de titres de musiques ou chansons qui ont accompagné des moments ou évènements de notre vie. La liste ne devant pas dépasser 10 titres, ce qui relève d'une véritable gageure. https://apagrainsdesel.canalblog.com/2026/08/voyage-musical.html
A priori rien de plus simple que de se prêter à ce petit jeu mais en approfondissant la question, il se révèle bien plus compliqué qu’il n’y parait. Une autre façon de se livrer, de dévoiler une part d’intimité peu explorée jusque-là ! Mais qui enrichit aussi l'écriture de l’histoire familiale au travers d'une balade (et musicale..
Il m’est difficile de travailler en écoutant de la musique et encore moins s’il s’agit de chansons qui nécessitent trop d’attention. J’ai besoin de me concentrer dans le silence. Les chansons peuvent par contre m’accompagner lorsque je suis occupée à une tâche manuelle comme faire la cuisine ou le ménage car elles m’encouragent mais jusqu’à un certain point seulement. Parfois lorsque la tristesse ou une certaine nostalgie m’envahit j’écoute aussi des airs pas toujours très gais qui renforcent évidemment ces sentiments, ce qui s’apparente peut-être à une forme de masochisme !
La liste qui suit se construit au fil de mon écriture comme un pur hasard, s’il en existe vraiment!
Summertime de Gershwin interprété par Giora Feidman à la clarinette, ce musicien qui à l’instar de Benny Goodman m’aura donné envie d’apprendre la clarinette sur le tard tant le jeu de cet instrument « me prenait aux tripes ». D’ailleurs je l’écoute en écrivant et en ressens toujours la même émotion.
Sultans of Swing de Dire Straits faisait partie de nos morceaux favoris avec mon ex mari dans nos années de jeunesse. Je me suis mise à le réécouter en boucle il y a quelques années peut-être par nostalgie de ma jeunesse et par une attention plus marquée pour le jeu des guitaristes, à celui de Mark Knopler en particulier.
San Francisco de Maxime Le Forestier que je chantais à mes enfants en de nombreuses circonstances lors de promenades, randonnées ou parfois pour les endormir….je ne pense pas qu’ils aient oublié la « maison bleue adossée à la colline »..
Suzanne de Leonard Cohen qu’une professeur d’anglais avait eu la bonne idée de nous apprendre au lycée, ce qui avait nettement amélioré l’assiduité et les notes des élèves ! J’écoutais ses chansons lisais ses romans et sa poésie. Les paroles à l’époque n’étaient pas traduites sur les disques et s’atteler à cette tâche constituait un long et difficile exercice. J’écoute encore parfois Hallelujah qui me rappelle le moment inoubliable que fut son dernier concert à Bercy en 2013.
L’auvergnat de Georges Brassens, voilà une plongée dans le passé car mes parents écoutaient déjà Brassens dans l’atelier de mon enfance où musiques et chansons accompagnaient régulièrement leur travail de couturiers. Ce fut à mon tour ensuite, je connaissais par coeur les paroles que je chantais assez faux d’ailleurs et j’ai constaté que mon fils ainé l’apprécie aussi ainsi que d’autres chanteurs qui ne sont pas vraiment de son époque comme Léo Ferré, Philippe Clay, Serge Reggiani etc...
A Yiddishe Mama écrite en 1925 par Lew Pollack et Jack Yellen, interprétée par Régine qui chante en yiddish avec un accent parisien, en tout cas pas avec l’accent de ma mère ! C’est l’une des chansons évoquée en introduction, qui ne remonte pas vraiment le moral mais qui s’avère parfois nécéssaire d’écouter !
Laissez-moi danser de Dalida que j’ai découvert et apprécié tardivement après avoir vu plusieurs reportages sur sa vie et en découvrant son disque d’or. Certaines de ses chansons donnent envie de danser et chanter … Je lui trouve un sacré courage pour avoir renouvelé et adapté son répertoire en fonction des modes surmontant tant qu’elle a pu les épreuves tragiques de sa vie.
I walk the line de Johnny Cash, un musicien et chanteur compositeur que j’apprécie également par l’action qu’il a mené auprès des détenus. Je l’écoutais lorsque je travaillais au ministère de la Justice et après avoir visité la prison de la Santé en me demandant (tout en sachant que non!) s’il aurait pu s’y produire comme il l’avait fait de son temps à Folsom.
Les mains d’or de Bernard Lavilliers, une chanson que j’avais envisagé de faire passer dans ma salle d’attente lorsque je recevais les salariés d’entreprises pas toujours bienveillantes mais cela aurait été contraire à ma neutralité obligée de façade.
La Symphonie n°5 en do dièse mineur de Gustave Mahler, un musicien que mon plus jeune fils apprécie et qu’il m’a fait connaître. Je ne pouvais pas terminer cette liste sans musique classique car si je n’ai pas l’érudition de mon père et de mon fils dans ce domaine, elle a toujours accompagnée ma vie. Mon père assidu de Radio Classique enregistrait les morceaux qui lui plaisaient sur des cassettes audio qu’il classait minutieusement et qu’après sa mort j’ai du trier pour n’en conserver que quelques-unes comme j’ai eu l’occasion d’en parler un jour dans un article du blog. (Article du 14 novembre 2019).
Et ayant achevé cet « exercice » je vais maintenant pouvoir m’installer confortablement pour l’écoute attentive que cette musique requiert.
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