Forêt en exil
Les arbres métal se sont peu à peu multipliés et l'ensemble prend désormais la forme d'une petite forêt qui représente "la forêt de l'exil".
En attendant de trouver un espace plus approprié, elle décore joliment mon bureau en cette fin d'année. Cette création est presqu'une entreprise familiale puisque la plupart des supports en bois brut ont été fournis par mon fils Simon et que le collage des personnages en métal sur les galets a été fait avec l'aide de mon plus jeune fils Raphaël. Entre les arbres, j'ai disposé des galets rapportés de quelques plages du Pas-de-Calais et de Sicile où viennent s'échouer les exilés de notre temps.
Certains arbres portent des noms comme : l'arbre nu, l'arbre miroir, l'arbre racine, l'arbre du souvenir ou l'arbre mémoire... sur la plupart des supports en bois, j'ai collé des feuilles d'érable, de chêne ou de Ginkgo biloba dont j'ai ramassé les feuilles venues s'échouer dans mon jardin cet automne par je ne sais quel miracle des vents.
Le support de l'arbre racine est quant à lui couvert uniquement de petites pierres pour témoigner de l'hommage rendu à mes ancêtres.
Les branches de cet arbre portent des feuilles et sur chacune des feuilles découpées dans un journal hébreu, j'ai inscrit les prénoms de mes parents, grands-parents et arrières-grands-parents ainsi que ceux de leurs frères et soeurs, du moins de tous ceux que j'ai pu identifier au cours de mes recherches. Je n'ai pas complété les prénoms avec les noms de famille : Podchlebnik, Schwarz, Steinhardt, Silberstein, Laks, Schmeiss, Katz...car cela aurait été bien trop compliqué et il m'est apparu que les prénoms retrouvés d'une génération et d'une famille à l'autre étaient suffisamment symboliques de mes racines. Rywka ma mère porte le prénom de la soeur de mon grand-père Samuel Schwarz; Ethel ou Etka est le prénom d'une de mes tantes que l'on retrouve chez Ethel Laks la mère de ma grand-mère Sara, Anna est le prénom de la soeur de mon père et celui de la mère de ma grand-mère Maria Silberstein, Hanna Schmeiss et de la mère de mon grand-père Raphaël, Hanna Katz...
J'aime assez le petit arbre de vie à l'aspect charnu qui bien que dépourvu de feuilles semble solidement ancré avec de longues racines accrochées à son support.
Les personnages ne perdent pas espoir, un jour ils graviront les montagnes et s'ils n'y parviennent pas, leur mémoire sera portée par d'autres....
Article touchant ! Bravo
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